Si y'a du gaz dans l'eau, c'est un coca...
 
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 Rambo, le retour du retour du retour !

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Cédrik
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MessageSujet: Rambo, le retour du retour du retour !   Mar 5 Fév - 20:26

demain soir, ça va buter du birman ... :kneu:


fear the return !

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Princeps Oleus
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MessageSujet: Re: Rambo, le retour du retour du retour !   Jeu 7 Fév - 3:28

Salut les gars du forum merveilleux ! Ouais, moi je suis allez le voir ce film... je vais en profiter pour en parler (prenez garde, je vais en gros résumer la trame)

Alors attention, là on s'attaque à du lourd ! Dès le début, le film donne le ton. Ca commence par un "directed by Sylvester Stalone" suivi d'une séquence épouvantable et bruyante (mais marrante) où les vilains soldats de la juntes militaire birmane tuent des paysans dans un jeu horrible où ils les font courir dans les rizières pour les faire exploser, après quoi, on a les noms du cast qui commencent par "Sylvester Stalone" avant une nouvelle fois le "Directed by Sylvester Stalone" (pour ceux qui auraient perdu des neurones dans les explosions).
John Rambo, le commando ultime qui dégomme des hélicos russes à l'arc, vit désormais en Thailande où il chasse les cobras et n'utilise plus son arc que pour pêcher, jusqu'au moment où débarquent des évangélistes chrétiens allumés (pléonasme assumé) qui veulent aller en Birmanie pour soigner les gens à grands coups de bandages et de psaumes.
Pour cela, y a pas à tortiller du cul, seul John Rambo peut les aider car il est le seul à savoir parfaitement naviguer sur la rivière...
Leur chef reçoit alors pour réponse un magnifique "I fuck the world".
Etant quelqu'un d'assez primaire, Rambo décide quand même de les amener, peu après, convaincu par la blonde.

Commence alors la traversée perturbée par un arraisonnement par de fourbes pirates birmans qui meurent, la tête éclatée, pour avoir voulu violer la blonde... là, cette pédale de chef des hippies chrétiens (ouais, attendez, moi je me suis mis dans l'optique du film, faut pas déconner ! On n'emmerde pas un pur héros bodybuildé) manque de se faire butter pour avoir déclaré qu'il ferait un rapport sur les agissements de John (à qui, d'abord ? L'ONU ? Et ils vont faire quoi ? Envoyer deux mecs pour l'arrêter ? Mais, mon p'tit pote, tu crois vraiment qu'ils en seraient capable ? Bon passons...)

Il les lâche donc et, bien entendu, ils vont vite se faire capturer.
Le chef de leur église engage alors des mercenaires pour les récupérer, mais, pour aller les rejoindre... il leur faut l'aide de Rambo, le navigateur ultime sur ce fleuve.

Très vite, les mercenaires commencent à se dégonfler "bon sang, ils ont même tué les chiens !" (bah ouais, mon gars. T'as loupé la scène du début où ils faisaient courir les gens dans l'eau pour les faire exploser ? Ces gars-là sont méchants). A ce moment là, les soldats birmans arrivent et veulent recommencer leur jeu du "tu cours et je te fais sauter", devant les yeux incrédules des mercenaires qui n'osent pas bouger. C'est alors qu'un soldat s'effondre, troué d'une flèche ! Ses camarades ne tarderont pas à connaître le même sort !
John Rambo prend les choses en main. En une minute, le voilà chef des mercenaires et il part à la recherche de la blonde, enfermée dans un camp militaire où les cochons sont de redoutables prédateurs anthropophages.

Cette fière troupe de guerriers occidentaux, menés par un rebelle local, entre dans le camp où tous les soldats sont regroupés pour violer des prisonnières (mais ils ne peuvent le faire que quand l'un de leur pote ramène un fumigène rouge. Coutume locale, je présume), et libère les otages. Au passage, John voit un petit garçon se faire violer et devient fou de rage. Assez fou de rage pour arracher la jugulaire d'un type à mains nues. Ouah !

Aidé par son pote le sniper (qui utilise une sorte de fusil antichar qui fait voler les types à 20 mètres ou leur fait exploser la tête), John s'enfuit du camp avec la blonde, tandis que les autres mercenaires se cassent avec les chrétiens casse-couilles. Pour éliminer ses poursuivants, il utilise alors une bombe anglaise de la seconde guerre mondiale, perdue dans la jungle (faudra m'expliquer pourquoi ces cons d'anglais sont allé bombarder la Birmanie) qui rase la moitié de la forêt. Damned, les anglais avaient donc l'arme atomique en 45 !
Mais, passons ! Arrivés au bateau, Sniper-man et la blonde voient que leurs amis ont été capturés. Ca c'est con ! Ils ne peuvent rien pour les aider... adieu, les gars.

Attendez, non ! J'ai parlé trop vite ! Rambo n'est pas mort dans la déflagration nucléaire, il est encore la.
Après avoir décapité un mec d'un coup de machette, il s'empare d'un canon M60 (un gros machin blindé) et fait exploser le conducteur de la jeep en lui tirant dessus à bout portant. MAGNIFIQUE !
Commence alors la longue séquence de carnage qui s'achève par l'arrivée des rebelles, bien plus efficaces que l'armée régulière (les gars font des roulades pour éviter les tirs... ils ne font pas ça en face). Autant dire que beaucoup de têtes explosent une fois de plus.

Ce qui est marrant, c'est qu'on voit à un moment du film comment l'armée ennemie recrute. Il font en gros des razzias sur les villages pour prendre les jeunes mâles et les incorporer de force. C'est donc ces jeunes gens qui se font ensuite exploser (littéralement, hein) par John Rambo et son M60. Nique sa mère la réinsertion... y a pas d'issue possible. Une fois dans l'armée, il ne reste plus qu'à crever. De toute façon, une fois dans leur armée, on devient un pervers violeur.

Finalement, le film est assez court et la violence concentrée en une seule séquence durant laquelle Stalone butte tout à lui tout seul avec sa mitrailleuse lourde (il se fait quand même deux pelotons, un bateau blindé et un camion rempli de renforts ennemis !). Jamais je n'aurais vu autant de tronches voler en éclats.
En guise de conclusion, John rentre enfin chez lui, aux states. On imagine la gueule de son père en le voyant arriver après trente ans d'absence, toujours avec le même look, mais avec le sang de 6 à 7 mille personnes sur les mains.

Donc, je n'ai qu'une chose à dire. Merci, Rambo !
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Cédrik
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MessageSujet: Re: Rambo, le retour du retour du retour !   Jeu 7 Fév - 18:36

En un mot :
EFFICACITE (Mennen pour nous les hommes)
Ce film poutre méchament comme l'a précisé Oleus, on assiste à un véritable génocide birman ("même les chiens" Laughing ça m'a rappelé No Country ...) et ça donne un excellent film d'action (ce film n'est ni un nanar ni un navet !). C'est éxagéré mais avec brio. Très beaux paysages, bien filmé ( parfois on a un peu du mal à suivre l'action tellement ça va vite), une musique sombre et épique qui remplit son rôle dans le genre "je vais te faire ressentir ce que tu vois jusque dans tes tripes !" (à mon avis ça a beaucoup agit sur les spectateurs qui ne pouvaient plus s'empêcher d'hurler toutes les 10 secondes).
Une belle fin pour Rambo la légende

Rambo ist Krieg !

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sutter cane
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MessageSujet: Re: Rambo, le retour du retour du retour !   Ven 8 Fév - 1:44

La critique d'Oleus me rappelle les cri des adolescents pré pubères de 25 ans (promus à une belle carrière) qui s'affalaient dans le cinéma. Ah quelle joie de réagir d'après ses aprioris sans tenter une seule seconde de comprendre quoi que ce soit ! C'est beau, c'est magnifique, c'est... glandulaire quoi. Répondre à son attente coute que coute quitte à faire l'impasse sur la totalité du truc. Car l'une des forces majeures du film est de reprendre l'icône, âgée et murie ; elle n'est pas simplement déterrée, Stalonne faisant vivre ses personnages d'un film à l'autre, on est pas chez Spielberg non plus ! Il s'agit donc ici d'un film véritablement désabusé. Il n'y a rien à faire, les choses ne changent pas. Stalonne, tout comme son personnage, considère le chemin parcouru, les films faits, l'évolution de la politique et des conflits. L'amusement, le cliché, a prit une tournure désagréable. Désormais les "phrases chocs" (qui font rires les merdeux parce qu'ils n'écoutent - ne comprennent - rien) ne sont que désespoir. Le monde merveilleux du film bourrin des eighties ne peux plus se regarder qu'avec ironie. L'œuvre de Stalonne, bien plus que d'être un film de guerre d'une sauvagerie déconcertante, est une mise en relation constante de l'imagerie à la quelle le spectateur est toujours exposé. A la fausse documentation des médias et aux fictions propagandistes il y a désormais la violence crue des images d'Internet. Comme De Palma (décidément c'est à la mode), Stalonne questionne le rapport de ces trois formes d'exposition à la réalité. Et il le fait donc par le biais d'une chose que lui seul peut faire, par le biais d'une icône connotée "stupidité réactionnaire". Le film pose donc des constats qui étonnent face au personnage auquel on pense être confronté, surtout par rapport au choix du conflit. Beaucoup attendaient Rambo en Irak (certains, comme Télérama allant jusqu'à y reprocher son absence !) mais Stalonne a fait John Rambo avant tout pour porter attention à ce génocide si peu médiatisé. Mais bon, comme le prouve Oleus, le spectateur avide d'apathie ne cherche qu'à aplaudir ce qu'il ne peut tenter d'interpréter. C'est bien triste, mais ça prouve encore une fois la connerie n'attend qu'elle même. Donc, en ce sens, John Rambo déçoit : c'est un excellent film.

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MessageSujet: Re: Rambo, le retour du retour du retour !   Ven 8 Fév - 3:04

Oh, que de compliments ! :banane: :head:
Désolé d'être passé à côté d'une oeuvre aussi majeure, mais moi j'y allais pour voir du birman se faire shooter par un papy bodybuildé et j'ai été en partie servi. :kneu:
Je regrette en revanche le peu de réflexion pseudo-philosophique sur la guerre que la bande annonce laissait présager. Qui de mieux que ce héros invincible mais désabusé pour nous la servir, pourtant ?

Citation :
Mais bon, comme le prouve Oleus, le spectateur avide d'apathie ne cherche qu'à aplaudir ce qu'il ne peut tenter d'interpréter.

Oui, mais, hélas, je ne suis qu'un idiot pourvu de deux neurones incapable de saisir la symbolique si subtile qu'on peut trouver dans une oeuvre cinématographique aussi remarquable.
Il faut cependant être capable de ressentir un film avant de tenter de l'intellectualiser. Et là, en le ressentant, on obtient quelque chose de vraiment très amusant et assez intéressant dans son genre. Un divertissement d'une rare qualité.
La connerie, pour moi, serait de rechercher à tout prix un sens à une violence si magistralement mise en scène et, donc, artistique.
La tripe à l'air se suffit à elle-même.

Citation :
Beaucoup attendaient Rambo en Irak (certains, comme Télérama allant jusqu'à y reprocher son absence !) mais Stalonne a fait John Rambo avant tout pour porter attention à ce génocide si peu médiatisé.

Ah mais oui, que n'y ai-je pensé. Donnons-lui le prix Nobel de la paix et offrons lui un siège à l'ONU ! cheers
Puisque le message du film est que personne ne peut changer les choses, Rambo le disant dès le début, le répétant encore et encore, et ayant finalement raison au bout du compte, à quoi bon porter à notre attention un génocide contre lequel on ne pourra rien ?
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sutter cane
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MessageSujet: Re: Rambo, le retour du retour du retour !   Ven 8 Fév - 15:44

La volonté des Rambo a toujours été d'apporter aux plus glandus un point de vue sur une situation dont ils n'ont probablement pas ou faussement connaissance :
le rejet systématique des anciens combattants, l'abandon des prisonniers de guerre au Vietnam, le bourbier afghan ou ici le génocide birman. Certes je te l'accorde le 2 et le 3 sont des beaux ratages à ce niveau-la (le 2 ayant même été battu à la course par Chuck Norris et son Missing In Action !), surtout le 3, gros navet il va s'en dire.

Je ne vois pas par contre pourquoi tu fais une telle dissociation sur la "jouissance" que l'on peut ressentir et l'analyse. A quoi bon se pencher sur un film qui nous a déplut ? Si l'on s'attarde c'est justement parce que le film est bon, efficace. Et là l'efficacité est doublée (une fois n'est pas coutume, je te l'accorde) d'un véritable réfléxion qui t'échappe encore complètement. L'idée de Stalonne n'est pas d'obtenir un siège un l'ONU (quoi que ce serait assez beau) mais de réfléchir sur le système de médiatisation des guerre dont Rambo a été, à sa manière, un bel outil par le passé. Incroyable mais vrai, il y a un post-modernisme par rapport à ce genre de block-buster hyper cool et violent des années 80. Si la tripaille te suffit, après tout pourquoi pas, je ne doute pas que 80% des spectateurs ne verra pas plus loin que ça (pourtant c'est quand même archi-visible, avec ses images d'actualité au début puis directement réinterprétées par la fiction avant même le générique, avant même Rambo !). Je trouve donc très décevant - parce que le thème est passionnant, et en plus ici traité vraiment sincèrement - que tu refuse catégoriquement de l'y voir. Certes Stalonne réalisateur ça n'a pas toujours été très brillant (Staying Alive putain !) mais pour une fois qu'il fait et réussi un effort, franchement ton obstination est vraiment stupide.

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MessageSujet: Re: Rambo, le retour du retour du retour !   Ven 8 Fév - 23:26

Maître Capello me signale qu'on n'écrit pas "Stalone" ni "Stalonne" mais bien "Stallone". Ne contrarions pas Maître Capello.

Pourquoi se demander si John Rambo contient - et surtout, s'il est capable de contenir - un message? Pourquoi douter qu'un blockbuster américain, bien que s'adressant aux masses et destiné avant tout - c'est la loi des grands studios - à faire du fric, puisse avoir une thématique? Et surtout, pourquoi lui reprocher de tenter d'y parvenir?
Quand on va voir un Rambo, un film de guerre de Sylvester Stallone, on ne doit pas s'attendre à avoir affaire à des thématiques bergmaniennes ou un traitement tarkovskien: on va voir un film d'action, produit par une major, destiné à faire des entrées, et ciblant avant tout le gros de la population américaine; qui plus est, c'est le quatrième volet d'une série, donc le film, même encore dans l'oeuf, est déjà prédestiné à un certain registre et à une certaine esthétique. Reprocher à John Rambo de ne pas être un film d'auteur, et de mettre en scène des "gentils" contre des "méchants", de donner dans le manichéisme et de se soucier plus de la puissance des explosions que des dialogues, c'est un peu facile et de mauvaise foi. Chaque film a un cahier des charges; on ne peut pas reprocher à "On se calme et on boit frais à Saint-Tropez" de Max Pécas de ne pas avancer de thèmes philosophiques, quand ce n'est absolument pas son but; on ne peut pas non plus reprocher à "Sous le soleil de Satan" de Pialat de manquer de fusillades et d'explosions, quand ce n'est, encore une fois, pas son but. En résumé, il faut de tout pour faire un monde.

Mais, dira quelque quidam fervent lecteur de Télérama, si le but de Rambo est de faire de l'action, pourquoi se mêle-t-il du génocide Birmain? Je répondrais que ce n'est pas parce que Stallone ne traite pas la guerre comme le fait un Bruno Dumont (Flandres), un Coppola(Apocalypse Now), ou même- soyons un peu moins utopistes - comme un Eastwood(Mémoire de nos pères et Lettres d'Iwo Jima), qu'il n'a pas le droit de l'aborder. C'est justement là ou ce film est intelligent: Sylvester, conscient qu'il travaille, je le redis, pour de gros producteurs, qu'il doit faire des entrées et donc s'adresser aux foules, conscient également qu'il n'est pas Eastwood et encore moins Coppola, expose le problème à sa manière, c'est a dire ultra-simplement, sans prétendre péter plus haut que son cul ni tenter de la jouer "cinéma d'auteur" alors que ce serait déplacé (quand une grosse prod réalisée par un tâcheron essaie de faire du cinéma d'idées, le résultat est souvent catastrophique, voir la filmo de Patrick Sébastien); non, Stallone sait à qui il s'adresse, il connaît ses limites,il n'a donc pas le mauvais goût de chercher à se rapprocher de Bergman, parce qu'il sait que le résultat serait bidon.
Au contraire, il limite au minimum les dialogues, est ULTRA explicite, limite son action et sa trame narrative à peu de choses pour aller à l'essentiel, sans séquences superflues de pseudo-réfléxion (comme dans La Passion du Christ par exemple), avec lesquelles pas mal de grosses prods américaines nous ont souvent saoulés (je veux parler du genre de séquences moralisatrices caricaturées dans South Park :"aujourd'hui, j'ai appris une chose super importante..."). Et réussir à faire passer un message par des moyens purement cinématographiques, c'est-à-dire par les images et la narration, et surtout, sans ornements superflus, c'est assez rare dans ce genre de cinéma populaire pour qu'on le salue.

"Oui, mais niveau contenu, c'est bien léger, et puis faire passer un message qui dit que la guerre c'est mal et qu'on peut rien y faire, c'est pas très difficile..." , répondra un second quidam, lecteur des Inrocks.
Mais le contenu message de John Rambo ne se limite pas à ça. Sans faire son snob intellectualiste qui cherche du sens partout en mordillant la branche de ses lunettes, on peut envisager sérieusement, ne serait-ce que deux minutes, qu'à côté des gros effets d'action efficaces et parfois faciles et des répliques kitches qui font marrer comme chez Chuck Norris, Stallone montre tout de même quelque chose (et justement, sa démonstration est trop candide et évidente pour qu'un intellectuel puisse se targuer de l'avoir décelée).
Premièrement, comme l'a dit Sutter Cane, Stallone met en scène Rambo en étant conscient de ce qu'il représente, et s'en sert pour donner un point de vue sur une situation géo-politique carrément ignorée par un grand nombre de spectateurs auparavant - et dans la mesure ou la masse va voir plus facilement Rambo que Flandres, je vais me répéter mais je salue plus que je condamne le fait que Stallone prenne l'initiative de montrer la guerre.
Deuxièmement, le film pose la question: pourquoi se battre et risquer sa vie quand on sait pertinemment qu'on ne peut rien changer? Mourir pour une cause, c'est bien beau, mais si la cause c'est du bidon... C'est sur ce postulat que part le film, avec un Rambo désabusé qui refuse d'agir, et se contente de conseiller aux humanitaires, sur un ton fataliste, d'emmener des armes avec eux s'ils veulent changer la situation en Birmanie. Non seulement ce constat fataliste est bienvenu dans un film d'action comme John Rambo, qui contrairement au 2 et au 3 , se soucie de prendre du recul par rapport à l'aspect ludique du film épique, et de rappeller que la lutte guerrière ne se fait pas sans morts, violences et injustices, mais en plus ce constat est dépassé: si l'on refuse d'agir parce qu'on se dit qu'on ne changera rien et que ça ne vaut pas le coup, alors la vie perd son sens, et on vit "pour rien". Alors certes, c'est pas du Gilles Deleuze pour le contenu du discours, et c'est pas non plus de la rhétorique hugolienne pour la forme, mais c'est bien là et c'est exprimé sans chichis.

Citation :
Ce qui est marrant, c'est qu'on voit à un moment du film comment l'armée ennemie recrute. Il font en gros des razzias sur les villages pour prendre les jeunes mâles et les incorporer de force. C'est donc ces jeunes gens qui se font ensuite exploser (littéralement, hein) par John Rambo et son M60. Nique sa mère la réinsertion... y a pas d'issue possible. Une fois dans l'armée, il ne reste plus qu'à crever. De toute façon, une fois dans leur armée, on devient un pervers violeur.
Là, c'est un peu la vieille controverse type Inspecteur Harry/ Pauline Kael: comme elle, tu reproches à John Rambo d'être un film de genre ou les gentils sont très gentils et les méchants très méchants; où "le crime est traité selon les codes moyennâgeux, c'est-à-dire comme simple émanation du mal, sans en expliquer les causes, etc". Alors oui, les méchants sont exagérément méchants dans la série des Rambo, comme dans la majorité des films reposant sur une narration, dont les créateurs ont compris que "plus le méchant est réussi, meilleur est le film". Stallone, comme tant d'autres, ne fait qu'obéir à cette règle conne et efficace, qui lui permet de rendre facilement son action plus intense (car il n'est pas Coppola, je l'ai déjà dit). On pourra dire que c'est grave, parce que ça impose une vision à sens unique à des millions de beaufs à travers le monde qui vont croire que l'armée birmaine, c'est forcément ça. Mais le monde n'est pas constitué que de beaufs, et même les beaufs savent que c'est du cinéma. D'autant plus qu'ils sont habitués par le cinéma et par les séries TV à détester un méchant, et qu'àprès avoir haï les soldats birmains, ils haîront le nouvel ennemi d'Ally MacBeal ou de je ne sais quelle fiction, en oubliant complètement les birmains de Stallone.

Bref, John Rambo n'est pas un chef d'oeuvre absolu mais un film d'action et de genre qui remplit son cahier des charges: divertir efficacement tout en insufflant une thématique compréhensible par le plus grand nombre, claire, pas bidon, et sans trop d'artifices hollywoodiens (même s'il y en a un peu quand même) et, à l'inverse, sans essayer de jouer à la dialectique foireuse.
Le problème, c'est que ce genre de film est trop souvent jugé et mit en procès non pas à cause de ce qu'il est d'un point de vue cinématographique, mais par rapport à ce qu'il répresente culturellement: Rambo, c'est l'icône des Etats-Unis, du cinéma d'action populaire bête, méchant, voire fasciste (je ne dis pas que c'est ton opinion Princeps Oleus, je ne voudrais pas caricaturer, mais ta première critique se rapproche de ce genre de réflexion), des répliques stupides qui font marrer, donc il faut forcément regarder le film avec une ironie supérieure. Bien sûr que c'est kitsche, que ça fait souvent marrer Rambo, comme Chuck Norris; mais contrairement à Chuck, qui ne fait, de ce que j'ai vu, que du pur divertissement nanar, Stallone s'attaque à des thèmes, à son échelle. Pas la peine donc de s'acharner sans prendre de recul.
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